DECLARATION PREALABLE

CDEN du 13 novembre 2020

Nous tenons cette instance alors que le premier ministre, hier soir, a annoncé que malgré la hausse des contaminations, rien ne change pour les écoles, collèges et lycées dans le cadre d’un confinement prolongé jusqu’au 1er décembre.

M. Castex ose aussi affirmer, depuis quelques semaines, que ce gouvernement n’a jamais autant « choyé » l’Ecole.

La FSU 48 revendique de garder les écoles, collèges et lycées ouverts car leur fermeture au printemps dernier a été une catastrophe pédagogique et sociale, aujourd’hui reconnue au plus haut sommet de l’Etat. Le confinement puis le dé-confinement scolaire volontaire ont mis en exergue les fractures sociales et numériques et les profondes inégalités qui traversent la société française et lozérienne.
La politique menée depuis plusieurs années par ce gouvernement a rendu les services publics, tant d’Etat que territoriaux, exsangues.

La diminution des moyens attribués par l’Etat aux collectivités territoriales les contraignent toutes, en particulier au niveau des emplois. Les personnels de l’Education nationale, les mairies, le département et la région sont maintenant en première ligne pour gérer la crise sanitaire dans les établissements scolaires

Dans ce contexte sanitaire dégradé auquel notre département n’échappe plus, la FSU 48 exige des mesures d’urgences pour qu’un protocole sanitaire réellement applicable et réellement protecteur de la santé des élèves, de leur famille et de celle de tous les personnels (agents du MEN comme agents territoriaux) soit mis en œuvre sans tarder :

  • ouvrir le recrutement des listes complémentaires aux concours pour assurer des moyens de remplacements et d’enseignement conséquents pour éviter le brassage des élèves ;
  • recruter massivement des personnels Assistant d’Education pour faire face aux nouvelles exigences sanitaires ;
  • recruter en nombre des agents territoriaux pour assumer les contraintes fortes de nettoyage très régulier des structures accueillant des élèves ;
  • donner les moyens nécessaires aux directrices et directeurs des Ecoles pour assumer une pression intense.

Des efforts matériels importants doivent donc être engagés pour assurer une protection renforcée : des masques FFP2 pour tous les agents, des tests pour tous les personnels en contact avec les élèves sont maintenant une urgence.
Des efforts logistiques sont aussi demandés pour mieux coordonner la protection sanitaire des élèves entre le temps scolaire et le temps périscolaire (transports scolaires, …).
Les injonctions contradictoires produites dans des délais très brefs, le mépris de plus en plus insultant pour tous les personnels (en particulier pour l’organisation de l’hommage institutionnel au collègue Samuel Paty lâchement assassiné parce qu’il faisait son métier d’enseignant) provoquent une
tension extrêmement forte.
Pour éviter la fermeture sanitaire, la FSU revendique, partout où les effectifs le nécessitent (dans certaines classes de collèges, dans les lycées) la diminution de 50% du nombre d’élèves en présentiel dans les structures. Ceci est la seule vraie mesure qui actuellement pourra éviter la fermeture sanitaire des  établissements scolaires. Pour compenser les retards cumulés par les élèves depuis le printemps dernier, un plan pluriannuel de rattrapage doit être engagé par l’Etat pour recruter en plus grands nombres des personnels enseignants et ainsi offrir aux élèves de meilleures conditions d’apprentissage.
Le Président de la République a exprimé dans ses allocutions officielles à tous les citoyens, que l’Etat ferait face à l’épidémie coûte que coûte et a reconnu qu’il était difficile d’être jeune en 2020. Pour la FSU48, si l’Etat veut éviter la désespérance de la jeunesse et lui offrir de meilleures chances de réussite scolaire en 2021, il est temps d’investir massivement pour le recrutement de nombreux personnels pour le service public d’éducation et pour mettre en œuvre une autre politique éducative.

Les élus FSU au CDEN de la Lozère