Par deux fois, les représentants des personnels de la FSU48 ont rencontré l’administration :
– le vendredi 13 février lors du CSA-SD
– lors de l’audience demandée par la FSU-SNUipp ce lundi 16 février.
A l’ordre du jour de nombreux points dont la mise en place des PAS et les dysfonctionnements liés  à des absences longues de personnels AESH.

Mise en place des PAS (Pole d’appui à la Scolarité)

Le Dasen a annoncé la mise en place de 3 Pôles d’appui à la scolarité, positionné chacun sur une circonscription. Pour le pilotage de ces PAS, 2 moyens seront pris sur le premier degré, et un sur le second degré.
L’objectif des PAS annoncé par le ministère est de renforcer l’accompagnement des élèves à besoins particuliers, pas seulement celles et ceux en situation de handicap. L’administration vise un saut qualitatif en améliorant le lien avec le médico-social (au moins un·e éducateur·trice du pôle médico-social par PAS). Ce serait donc le PAS (qui relève de l’Éducation Nationale) qui déterminerait les modalités d’accompagnement de l’élève, la quotité horaire et non plus la MDPH – avec son équipe pluriprofessionnelle dont des enseignant.es spécialisé.es et des médecins spécialistes – qui serait dessaisie du travail d’évaluation des besoins et ce même pour les aides individuelles…

Pour la FSU, il s’agit avant tout de faire des économies sur le dos des élèves en situation de handicap en contournant les MDPH, c’est-à-dire en décidant des aides (définition des quotas d’heures des aides humaines) en interne de l’Education Nationale sans les avis des personnels médico-sociaux. Après la dégradation de l’accompagnement via la mutualisation dans les PIAL, la mise en place des PAS serait une nouvelle aggravation de cette logique comptable pour faire face à la demande croissante d’accompagnement.

Le Dasen de la Lozère a souhaité que les personnels AESH soient rassurées sur l’aire géographique d’intervention des personnels AESH qui resteront sensiblement les mêmes, certains Pials étant sur des zones « frontalières » de deux PAS.

Constat des dysfonctionnements liés à des absences longues de personnels AESH.

Les absences longues des personnels AESH entraînent très souvent un saupoudrage des accompagnements et produisent de nombreux dysfonctionnements :
pour les élèves : ils ne reçoivent pas en totalité l’aide à laquelle ils ont droit, et pour certains qu’ils avaient jusqu’au changement d’emploi du temps. Cela met ainsi en difficulté les élèves (manque de stabilité et de sécurité pour rentrer dans les apprentissages)
pour les personnels AESH, cela bafoue leur professionnalisme en niant l’importance de la connaissance de l’enfant, de sa situation, de son suivi avec les équipes en place. Iels doivent apporter des changements importants dans leurs accompagnements (changement parfois total d’élèves et de problématiques, multiplication des accompagnements en passant de 1 ou 2 élèves à 8 à 10 élèves et sur plusieurs établissements), et dans leur vie personnelle : horaires des moyens de garde d’enfant inadaptés aux nécessités de services demandés, et ce du jour au lendemain ….( en sachant que les personnels AESH sont à 95 % des femmes, et pour un nombre conséquent des familles mono-parentales). Cela augmente aussi les frais de transport (usure voiture : pneu, entretien plus resserré, …), les frais de garde, pour le même salaire.
=> En conséquence des personnels AESH jettent l’éponge, épuisé.es, dégoûté.es de ces conditions de travail : 7 ont démissionné durant l’été, 7 autres durant cette première moitié de l’année scolaire, soit 14 personnels en 7 mois !
pour les équipes enseignantes, cela désorganise les EDT des classes, parfois de toutes les classes de l’école. Cela les met en difficulté en les obligeant à revoir iels aussi leurs propres emplois du temps et décloisonnement car en fonction des besoins des élèves, certaines activités ou apprentissages ne peuvent se faire qu’en présence de l’ AESH (accompagnement, sécurité, …)
pour les « responsables ou coordinateurs.trices de Pial », cela crée beaucoup de tensions avec les personnels AESH et les directeurs/trices. Cela les amène alors à rédiger des mails irrespectueux de la situation des personnels absents : information de changements d’emploi du temps durant un arrêt de travail, ou « savoir si vous serez présente à l’issue de votre congé maladie qui court jusqu’au….. » afin d’assurer la continuité des apprentissages de l’élève ». Il n’est pas admissible de demander à un personnel en arrêt maladie de poser un diagnostic quant à son état de santé et donc à sa date de reprise à l’issue de l’arrêt maladie en cours. Seuls les médecins en sont juges.

Pour la FSU, il est indispensable de mettre en place une brigade de remplacement pour remplacer les arrêts longs des personnels AESH. C’est une nécessité pour éviter le saupoudrage des accompagnements, la « pression » entraînant de la culpabilité pour des personnels absents parce que malades mais également les désorganisations permanentes dans les classes.
Le Dasen a réagi sur ce point en indiquant que la possibilité de la mise en place d’un personnel AESH « remplaçant.e » est possible mais à la main des coordinateurs.trices de Pials.