En introduction de cette instance, la FSU48 a une déclaration liminaire (voir en fin d’article)

La première instance de carte scolaire pour le premier degré en Lozère s’est tenue ce jour, bien tardivement dans l’année scolaire en raison des élections municipales. Au niveau national, le budget particulièrement austéritaire a entériné la suppression de 1 891 postes dans le premier degré, dont 75 pour notre académie pour une baisse estimée de 4 661 élèves, soit une suppression de poste pour 60 élèves en moins. La Lozère est une nouvelle fois fortement impactée, avec une dotation négative de deux postes, soit un niveau deux fois supérieur à la moyenne académique.

La FSU48 rappelle que 25 classes ont déjà fermé depuis 2020 dans le département, contribuant à un bilan particulièrement préoccupant des politiques éducatives menées depuis 2017, marquées par une moyenne de quatre fermetures de classes par jour à l’échelle nationale.

La FSU48 accueille favorablement le projet d’ouverture d’une cinquième classe à l’école de Grandrieu, où le ratio élèves/classe dépasse actuellement de près de dix points la moyenne départementale.

La FSU-SNUipp48 semble être enfin écouté sur l’absolu nécessité d’un moratoire sur les fermetures de classes dans les écoles comptant trois classes ou moins, revendication portée par notre seule fédération depuis quatre années et indispensable pour maintenir un maillage éducatif de qualité sur notre département, et source d’attractivité pour de nouvelles populations.

Sur proposition du DASEN de la Lozère, la rectrice de Montpellier autorise le département de la Lozère a surconsommer des postes pour ne pas fermer quatre classes de plus sur notre territoire rural. Cela permet à l’Inspecteur d’Académie d’ouvrir des postes hors la classe répondant à des commandes ministérielles : 2 postes PAS (Pôle d’Appui à la Scolarité, qui sont des personnes ressources en binôme avec l’ARS pour orienter les familles et les enseignant.es pour les élèves à besoins éducatifs particuliers), et 1 poste pour un professeur ressource « troubles du neuro-développement ». Dans le contexte de suppressions de postes imposés par le Ministère, la FSU48 s’oppose à la création de ces postes « hors la classe » qui constitue une double peine, chacun de ces postes devant être soit compensé par une fermeture de classe supplémentaire, soit privant le département d’une ouverture de classe.

Pour la FSU48, il est inacceptable que la priorité n’ait pas été donnée à la ré-ouverture d’une deuxième classe à l’école de Sainte-Colombe-de-Peyre. La situation de cet établissement, dont une classe a été fermée en septembre dernier, constitue un véritable gâchis. Pour rappel, la FSU48 alerte sur cette situation depuis la fermeture de la deuxième classe l’an dernier, situation comparable à celle qu’a connue l’école de Nasbinals les années précédentes.

La FSU48 s’oppose aux fermetures de postes proposées dans les écoles de Chanac et du Monastier. En effet, la baisse démographique est une opportunité pour mettre en place un·e enseignant·e surnuméraire pour mieux confronter les points de vue, essayer d’autres dispositifs pédagogiques et donner du temps aux équipes en décorrélant le temps de travail des enseignants du temps de classe des élèves. C’est le “plus de maitres·ses que de classes” que porte la FSU-SNUipp depuis sa création.

La FSU48 regrette aussi une vision court-termiste de la carte scolaire : la baisse démographique est très limitée en Lozère , et certains secteurs voient même au contraire une augmentation d’élèves et nécessitent une attention particulière : Hures-la-Parade, Le Chastel-Nouvel, Ispagnac, Laubert, Le Rozier… De plus, il y a nécessité à créer des postes de remplaçant·es afin qu’il n’y ait plus aucune classe non remplacée, améliorer les conditions d’inclusion de tous les élèves et donc une baisse des inégalités scolaires et assurer aux personnels une formation continue de qualité.

Le projet sera réexaminé le mardi 14 avril lors du CSA de repli, qui sera ensuite présenté et entériné en CDEN (Conseil Départemental de l’Education Nationale) le 16 avril 2026.

L’école constitue un pilier fondamental de la République et demeure parfois le dernier service public de proximité dans certaines communes. En Lozère comme partout en France, la FSU, dans le cadre d’une semaine nationale de mobilisation intersyndicale pour l’éducation nationale, a appelé à un sursaut en faveur de l’enseignement public, en matière de moyens, de salaires, de conditions de travail et d’inclusion, et s’oppose fermement à toute nouvelle suppression de classes.

Déclaration liminaire :